La gauche portugaise, unie pour la
première fois depuis la chute d' António de Oliveira
Salazar, s'apprête à faire chuter le
gouvernement minoritaire de droite pour mettre un terme à l'austérité, sous
l’œil inquiet de l'Union européenne et des marchés financiers.
Le Portugal est entré à nouveau dans
une zone de turbulences.
Vainqueur des élections législatives
du 4 octobre avec prés de 39% des voix, la coalition de droite a toutefois
perdu sa majorité absolue, le Parlement est aujourd'hui dominé par une majorité
de gauche emmenée par le Parti socialiste (32% des voix).
Fort du soutien de la gauche
radicale, le secrétaire général du Parti socialiste Antonio Costa, a fait voter
mardi une motion de censure contre le gouvernement, entraînant automatiquement
sa chute.
Le Parti socialiste, le Bloc de
gauche (Syriza portugais), le Parti communiste et les Verts disposent ensemble
d'une majorité de 122 députés sur 230.
Le parti d'Antonio Costa et les
autres partis de gauche ont dû chercher un compromis.
Si le Parti socialiste a signé le
traité d'adhésion du Portugal à l'Union européenne en 1985, ses futurs soutiens
n'ont jamais caché leur méfiance envers une Europe qui a, selon eux, contribué
à appauvrir les Portugais en imposant des contraintes budgétaires démesurées.
Dans une Europe aux institution
dominant les constitutions de ses États membres, libérale , les marges de
manœuvre d'un futur gouvernement de gauche qui n'enclenchera pas la rupture
sont extrêmement limitées. "L'électorat de la gauche risque d'être déçu,
car un gouvernement du Parti socialiste sera obligé de respecter les
engagements du Portugal vis-à-vis de Bruxelles", fait valoir le
politologue Antonio Costa Pinto.

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